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Silencio
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Combattons les Pourritures d'Etat

Les 10 commandements du gouvernement et du président (et tellement plus encore)
1 - Tu traiteras par le mépris l’agitation populaire et tu resteras sourd aux revendications sociales, tout en avivant l’incendie, par des déclarations cyniques et provocantes. 2 - Tu feras de la compétition présidentielle un objectif primordial, et de l’ivresse de pouvoir ta drogue favorite, supplantant le si naïf idéal démocratique que sont la représentation de la cité et la quête désintéressée des intérêts communs nationaux. 3 - Tu précariseras à outrance pour habituer la jeunesse à la précarité. 4 - Tu te sentiras investi d’une légitimité souveraine invulnérable après tes 82% des présidentielles 2002 et tu resteras, dans ta tour d’argent, imperturbable aux cris de la rue. Ton unique sortie consistera à promulguer une loi et dans le même temps à commander de ne pas l’appliquer. (?!!) 5 - Tu te borneras à suivre à la lettre cette loi quasi physique : « A mesure que la légitimité décroît, l’affirmation obstinée de l’autorité s’accroît ». 6 - Tu seras l’acteur de dissidences au sein de ton propre parti, de manière à semer la discorde, brouiller un peu plus l’action gouvernementale et sortir vainqueur par K.O. d’une guerre des ego. 7 - Tu nommeras Premier ministre un haut fonctionnaire qui jamais ne s’est frotté au suffrage universel. 8 - Tu stigmatiseras, autant que faire se peut, les violences urbaines, les « casseurs » et les manifestations estudiantines, mettant dos à dos deux pans de la jeunesse, selon la célèbre raffarinade, « la France d’en haut et la France d’en bas ». Et par-dessus tout, tu feras de la violence policière un art très partial, en ne faisant pas intervenir les forces de l’ordre si confrontation il y a entre ces deux jeunesses que tu te plais à opposer, avec ainsi deux objectifs en tête : 1, décourager les manifestants et faire s'essouffler le mouvement, et 2, donner quelques milliers de voix supplémentaires à l'axe Sarkozy-Le Pen, en abreuvant les JT d'images chocs promptes à aviver les tensions xénophobes. 9 - Tu amplifieras à outrance, par la manipulation des médias, l’existence d’un courant favorable à la politique gouvernementale, comptant ainsi délégitimer la ferveur contestataire du peuple en colère. 10 - Enfin et surtout, tu nieras avoir conscience d’un profond malaise social et d’une irrémédiable crise des institutions, et jamais tu n’envisageras que peut-être, en effet, cette Vème République agonisante doit désormais en finir de son interminable période d’essai.
A vous de jouer, it’s open…
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Elégie
Dans la série "ce sont les autres qui en parlent le mieux", voici un court texte du cinéaste et critique Olivier Assayas, paru dans Le Nouvel Observateur, qui dit l'essentiel sur cette sublime décharge émotive, poétique et sensorielle qu'est Le Nouveau monde, le dernier grand film de Terrence Malick, injustement maltraité ci et là à sa sortie. L'injustice est réparée avec ce bel éloge, tout simple, mais lumineux. "Quelque chose renvoie au cœur même de ce qu'est l'art, et la qualité toute particulière des émotions qu'il suscite en nous, dans le plaisir qu'on trouve à se laisser porter par l'inspiration singulière d'un grand cinéaste, Terrence Malick en l'occurrence, explorant, comme il le fait dans "Le Nouveau Monde", le territoire, ou l'espace imaginaire, à la fois naïf et élégiaque, qu'il a fait sien. Ce sentiment tient à l'abandon à ce qu'on ne connaît pas, à ce qu'il peut nous être donné de découvrir. Se révèlent alors cruellement les terribles limites de ce dont on se contente si souvent dans un rapport au cinéma qui ne fait que restreindre. Combien de cinéastes croient encore à la grandeur? Je ne veux pas dire emphase, ni budget pharaonique, je parle d'un lyrisme intime et universel à la fois, tel que chacun le reconnaît en lui-même. Une grandeur qui ne voudrait pas anéantir son spectateur en l'émerveillant, mais se contenterait plutôt de résonner en nous, simple et accessible. La pluie sur un fleuve au commencement du monde. L'amour comme acte décisif d'aller vers l'autre. La terreur et l'exaltation au seuil d'un territoire vierge. Un vol d'oiseaux miraculeusement saisi. La beauté infiniment digne de Pocahontas, admirable réussite d'une figure tragique dont jamais la clarté ne se ternit. A mi-chemin entre la fable et l'Histoire, entre le gros trait et la grâce, à la fois mythe et vérité chargée d'absolu, il est bouleversant que cet amour ait enfin trouvé son poète, et que nous ayons la chance d'en être témoins."
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Reflets coréens - 4

Je fus une nouvelle fois séduit par la petite musique nonchalante d'Hong-San Soo, qui ne cesse de creuser le même sillon ténu de chassés croisés sentimentaux, avec au fil des récits, de troublantes réminescences et d'infimes variations sensorielles sur la perception du temps, des choses et des personnages. Le cadre formel est comme toujours d'une sobriété et d'une fluidité magistrales, avec un minimum d'effets (très peu de plans et pas de raccords dans les scènes, prises dans leur longueur), insufflant ce vertige, propre à peu de cinéastes, de la vision d'un trivial quotidien, en train de se faire, filmé sans artifices. Les fameuses scènes récurrentes de beuverie, qui d'après la rumeur, seraient tournées avec des acteurs réellement alccolisés, ne rendent que plus fragile et saisissante la frontière entre réel et fiction. Celle-ci est d'ailleurs le sujet même de ce malicieux conte de cinéma : l'osé et génial préambule, qui opère une césure au premier tiers du film, n'est en effet rien moins que la représentation littérale d'un film dans le film. Procédé, il est vrai, pas né d'hier, mais avait-il jamais été exploité de cette façon, sans aucune manifestation ou symptôme qui révélerait la mise en abime. La découverte a posteriori, et non pendant, de l'artifice a de quoi donner le tournis, partagé entre une éxpérience de narration inédite en tant que spectateur et la frustration d'un épilogue de la fiction venu prématurément , pour peu qu'un processus d'identification ait fonctionné. Et finalement se sentir un peu penaud d'avoir marché à fond dans l'éspiègle dispositif... (à suivre)
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Reflets corréens - 2
Gapsar Noë aurait-il tout pompé sur Peppermint Candy? Car quelque part, le concept de son sournois Irréversible (à savoir remonter par strates compactes de temps réel, ce qui a précédé à l'avènement d'un drame sordide, comme préambule au film, pour mieux ensuite souligner la perte d'un Eden initial), a quelques troublantes affinités avec cet entêtante oeuvre de Lee Chang-Dong. Ici, pour autant, point traces de plans-séquences nauséeux ou de blocs temporels aussi tangibles, et l'idée évite souvent le rigide ou le systématique, si ce n'est la présence répétée, avant chaque fuite dans l'hier, de ce plan subjectif, en lecture arrière, d'un train flottant sur les rails de la vie. Une insidieuse mélancolie, qui bientôt infiltre tous les pores de l'image, éclate avec la fatale découverte finale d'un originel paradis perdu, souillé par l'absurdité d'une guerre autiste. Mais, malgré l'apparente souplesse du projet, le spleen ne peut être entaché par une légère raideur de film à thèse, quant à l'accumulation de scènes de folie douce ou de vrai pétage de plombs du héros, censées justifier, sur le mode singulier, l'indicible du geste initial et, à l'échelle du collectif, aviver la flamme d'un malaise généralisé dans la société coréenne. Toutefois au final, l'étourdissement est réel, et la gueule de bois anticipée bien vivace, avec la conscience aiguë, désormais, des lendemains qui déchantent.
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Friendly
 "Je trouve l'amitié entre hommes et femmes impensable. Parce qu'il y a toujours, sous-jacent, le désir animal, le vertige du plaisir." (Serge Gainsbourg)
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Run away

LE choc de l'été et mon gagnant du palmarès 2005, ce grand film mal-aimé, cette guerre des mondes revisitée par Spielberg, sorte d'oeuvre-somme qui mêle toutes ses obsessions et mue la sombre maturité esquissée avec A.I. (tout du moins dans son premier tiers) et Minority Report en une noirceur acérée, presque apocalyptique : un flamboyant opéra post-11 septembre sur la fuite en avant déraisonnée de témoins de l'indicible, qui revisite subtilement un siècle d'imagerie du film de genre avec des trouvailles visuelles d'une poésie transcendante, et parvient à atteindre un degré de réalisme viscéral dans les conventions pyrotechniques du film-catastrophe, tout en privilégiant une trame intimiste sur un père anti-héroïque, loser ordinaire et américain moyen, et qui devra assumer sa paternité.
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Endless summer
Baptème d'Eurockéennes 
Trent Reznor de Nine Inch Nails assène d'intenses déflagrations métalliques et industrielles dans la nuit de Belfort 
Kraftwerk, les 4 robots allemands pionniers de l'électro dans un set incroyablement moderne. 
Interpol, lyrisme habité pour rock hypnotique. 
L'éternelle "jeunesse sonique" du quintet new-yorkais, emmené par la divine Kim Gordon. 
Le rock "stoner" sombre et puissant des "Reines de l'âge de pierre", mené par Josh Homme, le charismatique géant roux. 
Mon meilleur ami Romain (parti un an Mexique, snif!) posant opportunément avec le batteur de The Killers (qui sont loin d'être des tueurs sur scène)
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L'éternel come-back...
Plusieurs mois de silence. Rien à dire, rien à raconter, rien à montrer? Pas tant cela qu'une paresse insoutenable qui gangrène mes mains et mon esprit, mon corps et mes pensées. Je passe mes journées d'errances inhabitées en petits plaisirs fugaces, sans perspectives, dans un présent qui idéalement ne se soucierait pas de demain, mais qui ne peut échapper à l'angoisse de son devenir. Vite, vite, retrouver une quiétude, qui, en émoussant la peur aigue du temps à venir, me fera réllement apprècier les multiples digressions et déraisons de l'instant-seconde. Mais pour cela, me faire violence et assumer quelques tortures cérébrales. Et alors, la délivrance... ?
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Cet obscur objet du désir...
 

Rares sont les films dont je sors plus ou moins tiède et indifférent, et qui, dans les jours ou les semaines qui suivent, s'avèrent finalement laisser dans mon esprit une trace bien plus tenace et un souvenir bien plus troublant que l'impression mitigée au sortir de la séance. Closer est de ceux-là. Il est aisé de détester ce film : quatre des plus belles gueules d'Hollywood débitant des dialogues ampoulés sur le sexe et le désir dans des décors de gravure de mode et fonctionnant par couples interchangeables pendant 1h45, dans un "film à oscars" aux prétentions vaguement auteuristes, par un vieux briscard, Mike Nichols, dont on attend plus grand chose depuis longtemps. Présenté comme ça, forcément, ça fait peur. Et pourtant... Et pourtant, Closer, derrière ses atours plombés de théâtre filmé et de métaphysique de bazar, n'est ni un film moralisateur et bien-pensant sur le sexe et l'adultère, ni un écrin de luxe pour performances d'acteurs en mal de récompenses, mais plutôt une fiction théorique, cérébrale et ludique sur le désir, d'une précision chirugicale, et traversée de trous béants dans la temporalité du récit, de longues ellipses troublantes dont on ne saisit pas immédiatement la durée et les évolutions internes, souvent dévastatrices pour le quatuor. Dans Closer, on regarde mais on ne touche pas, puis on baise mais on ne fait qu'en parler, puis on aime mais l'on se ment à soi-même, puis on trompe et l'on est trompé mais on ne fait que le constater avec impuissance... Le film donne le sentiment qu'il ne pourrait très bien ne jamais finir, selon des cycles de roulement des couples et de variations des désirs, jamais réellement complémentaires entre a et b, ou x et y. Cette inadéquation permanente des aspirations particulières entre deux êtres, le film le démontre d'une manière effroyablement lucide et désenchantée, et n'offre guère d'issues de secours. Il faut avoir vu, médusé, dans cette scène d'une rare cruauté, Alice (Nathalie Portman), dire à Dan (Jude Law), indifférente : "Non, ça y est, c'est fini, je ne t'aime plus, à l'instant même, là tout de suite", pour prendre douloureusement conscience que le sentiment amoureux peut naître et tout aussi bien s'éteindre en l'espace d'une triviale seconde...
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Embrasement
Surplomb des toits, grisant la mélopée urbaine Roses en sommeil, berçant les chênes centenaires Augustes bancs, récifs des coeurs, osant à peine Icônes d'un cadre, témoin d'élans, en âpre hiver ... Et les corps impatients, dans le silence des yeux Suspendent le temps, s'accordent avec les cieux Et dans l'aimante harmonie de secondes divines Je me constelle d'or, dont son âme est la mine...
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Patchwork
12 mois en 2004 : 12 albums préférés. Avec, sur le podium, trois grops coups de coeur: les écossais de Franz Ferdinand et leur mix détonnant de funk halluciné, de pop imparable, de rock sautillant et de disco-punk extatique. Idéal "pour faire danser les filles"! Les new-yorkais de TV on the radio, et leur croisement hybride et incandescent entre soul sensuelle et guitares abrasives. Et enfin les français ne sont pas en reste avec le hip-hop fou et incorrect de TTC qui, sur des instrus electro pointues et avant-gardistes, balance des paroles potaches ou vachardes avec un flow tuant. Viennent ensuite, et dans le désordre, le magnifique testament posthume du regretté Elliott Smith, le rock sombre, lyrique et habité d'Interpol, l'electro-rock mutante du français Avril, la pop baroque et précieuse de Blonde Redhead, le songwriting élégant du violoniste Andrew Bird, la fougue punk-pop des fiévreux Libertines, la collaboration fructueuse et sublime entre Yann Tiersen et Shannon Wright, l'éclectisme insolent du prodige Sébastien Tellier et la beauté étrange des symphonies de poche de Flotation toy warning. 

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